sur tes plaies je metterai du gold bond, alors qu'en arrière plan jouera under pressure dans la camionette noir corbeau. et sur la route défilera des grands arbres bordants l'asphalte. et tu criera 'hallelujah' quand on verra enfin la pancarte indiquant que le champ de cueillette de fraises n'est qu'à deux miles. je fermerai la bouteille de médication jaune canari car tu auras cesé de te plaindre à propos de l'entaille à la joue que je t'aurai fait après que tu m'aie traitée de saloperie avec mon canif. ta grand-mère au même moment dors la tête par en arrière sur la banque arrière et son dentier glisse lentement de des gencives pour aller tomber sur ses genoux sans quelle s'en rende compte puisqu'elle dort finalement, elle qui disait ne plus dormir depuis deux mois. ton furret à ses côtés, agile comme une danseuse du cirque du soleil, sortira lentement de sa cage comme un silencieux serpent pour aller s'enrouler autour du coup de la femme édentée qui l'intrigue tant et ce n'est qu'en revenant de la cueillette que nous réaliserons qu'il l'a étranglée avec de se sauver avec le dentier. tu déplaceras d'un geste impatient la mèche cachant la route de ta vue avant de me rendre un sourire complice, auquel je répondrai, sans trop savoir pour quoi, mais en étant satisfaite que tu aies arrêter de déblatérer sur le fais que tu souffrai tellement en plus de ne pas aimer ta nouvelle coupe de cheveux (que moi j'adore, par ailleurs). nous arriverons finalement, le soleil se levant enfin. nous sortirons et tu trébucheras dans un vieux pneu épuisé et je regarderai ta grand-mère avec cohérence, me disant que nous serions mieux de la laisser dormir (alors qu'en fait elle ne dormai surment pas..). enfin, nous approcherons du stand où reposeront sur une tablette des paniers avec des dessins de fraises digne des années '80 imprimés sur le carton rigide et nous en demanderons deux gros à l'adolescent gracile derrière le comptoir qui te dévorera vulgairement des yeux (car tu es beau) jusqu'à ce qu'il s'appercoive que je trippote mon canif en le regardant. il te redonnera ta monnaie en attardant sa main contre la tienne, mais tu ne le remarquera pas car tu serai beaucoup trop noble de toutes facons pour l'admettre. nous partirons bras par-dessus bras vers le champ encore baigné d'une rosée matinale fraiche et sucrée. nous commencerons à arracher des fraises à leurs racines pour les laisser tacher le carton blanc de nos paniers. je te regarderai sans que tu t'en appercoive que tu sens quelques fraises avant de les manger, toujours concentré à ne cueillir que les plus belles. je sortirai mon canif encore une fois, prenant une poignée de fraises pour leurs couper la queue avec de les manger (je suis convaincue qu'une d'elle était pourrie). tu leveras la tête au même moment que moi et nous échangerons un sourire amusé, complice. puis tu chantera strawberry fields forever, sans même savoir à quel point tu peux me connaître sans le savoir. et puis avec ta voix suave, le contraire de celle de joel legendre, si tu veux mon avis, tu diras tout simplement 'je t'aime'.
scusez, c'est sorti tout seul. suffisait que je pense à du gold bond pis je vomi un texte.